Au Bonheur des dames, d’Emile Zola

Présentation de l’éditeur :

Le Second Empire vise à faire de Paris la capitale de la mode et du luxe. La ville se modernise. Les boutiques du Paris ancien laissent place peu à peu aux grands magasins, dans le voisinage des boulevards et de la gare Saint-Lazare. La nouvelle architecture illustre l’évolution des goûts : on entre dans le royaume de l’illusion. Octave Mouret, directeur du Bonheur des dames, se lance dans le nouveau commerce.

L’exploit du romancier est d’avoir transformé un épisode de notre histoire économique en aventure romanesque et en intrigue amoureuse. Rien d’idyllique pourtant : le magasin est construit sur un cadavre ensanglanté, et l’argent corrompt tout. Pour Zola, la réussite du grand magasin s’explique par la vanité des bourgeoises et le règne du paraître. Il nous décrit la fin et la naissance d’un monde : Paris, incarné ici dans l’un de ses mythes principaux, devient l’exemple de la cité moderne.

 

Éditeur : Folio Classique
Année d’édition : 1999
Langue : Française
Nombre de pages : 495

 

Avis (très) personnel :

C’est la deuxième fois que je lis du Zola, mon premier étant Germinal étudié au collège/lycée, que j’avais bien aimé.

Dans ce 11ème tome de la série Les Rougon-Macquart, Emile Zola met en scène la création, la mise en place, le développement d’un grand magasin, qui est, en fait, le principal personnage du livre. Il s’est, pour cela, inspiré des magasins qui existaient déjà à l’époque : le Bon Marché, les Grand Magasins du Louvre, le Printemps, la Samaritaine.

L’action se déroule durant la deuxième moitié du 19ème siècle (1864/1869). Dès le début, nous suivons Denise(20ans), qui vient d’arriver sur Paris, avec ses deux frères, Jean (16ans) et Pépé (5ans). Ses parents étant décédés, et son oncle lui ayant proposé un travail dans sa boutique de draperie, elle est montée dans la capitale, sans le prévenir. Et là, elle va faire sa première rencontre avec le magasin, Bonheur des dames, ce grand magasin, ce bazar, qui vend de tout. Ce magasin a été créé par Octave Mouret, qui a su séduire les femmes avec un tel procédé. Il suit l’air du temps. Mais, non sans conséquence. En effet, ce grand magasin va causer la faillite des petites boutiques avoisinantes, dont fait partie l’oncle de Denise.

Denise, au début, sera un peu la souffre-douleur des autres vendeuses de son rayon. Malgré cela, et son renvoi, elle reste attachée à ce magasin. Elle va peu à peu gravir les échelons, pour se retrouver première de rayon. Grâce à sa douceur, son sourire, son charme, mais également grâce l’amour/le désir que lui porte le directeur, elle va progressivement révolutionner les conditions de travail des employés : une sorte de sécurité sociale, une retraite,  une bibliothèque, des cours de langue, de musique, des jeux également. Tout était à la disposition des salariés. Tout cela grâce à Denise.

Quant à Mouret, comme je l’ai dit précédemment, il a repris le Bonheur des dames, l’a agrandi, a trouvé mille idées, afin d’attirer davantage les femmes (et de faire travailler plus ses employés). Des idées que j’ai l’impression de voir dans les magasins actuels : mettre un rayon d’articles en soldes à  l’entrée du magasin, afin qu’il y ait une sorte d’engorgement (pour que le magasin ait l’air rempli !), modifier la situation géographique des rayons, afin que les clientes se perdent et achètent encore plus de produits, mettre en place un tant pour cent sur les ventes réalisées par un vendeur. Les situations de foule décrites dans le livre me font penser aux fins de semaine passés dans les grands magasins parisiens. La clientèle du Bonheur des dames est hétérogène, pour le montrer Zola l’a personnifiée via quelques personnages féminins, qui reviennent assez souvent : Mme Marty et sa fille, des acheteuses compulsives (surtout la mère), Mme de Boves, une supposée économe, Mme Guibal, qui rend presque tout ce qu’elle a acheté. Mais ce sont grâce à elle, que que M. Mouret gagne sa vie, fait vivre/travailler autant d’employés (des milliers), grâce à leur besoin de paraître, leur coquetterie. Mais, lui qui se jouait des femmes, va souffrir à cause de l’une d’elles, d’un petit bout de femme. Quelle ironie ! Juste une remarque, je me rends compte, avec un peu de recul, que toutes les femmes, mises à part Denise, sont très frivoles, très sensibles au paraître. Elles n’ont pas vraiment un beau rôle.

Zola décrit très bien le Bonheur des dames, son fonctionnement, les vendeuses/vendeurs ambitieux qui font tout pour monter dans la hiérarchie (répandre des rumeurs, accentuer certains mauvais côtés de leur n+1, échauffer les esprits…), les travaux nécessaires à son agrandissement, les rayons et les produits présentés. Ca a l’air réellement gigantesque et impressionnant ! De plus, le Bonheur des dames est toujours présenté comme lumineux, avec les lampes électriques la nuit pour les travaux. En comparaison, Denise remarque que la boutique de son oncle est sombre (et ce, dès le début du livre), oppressante, et que ça ne sent pas vraiment bon. Il est facilement compréhensible que les clients préfèrent aller au grand magasin d’en face.

Un classique à lire, pour les midinettes (ce n’est pas péjoratif, attention ^^ je me comprends dans ce terme !), pour ceux qui veulent connaître cette époque-là, plus précisément les grands magasins.  Cependant, il ne faut pas s’effrayer de certaines longueurs au niveau des descriptions (d’ailleurs, avant de lire ce livre, je ne pensais qu’il y avait autant de tissus possibles…) Après quelques recherches, j’ai remarqué qu’Octave Mouret apparaît dans Pot-Bouille, tome précédant Au Bonheur des dames. J’ai bien envie de le lire, et connaître la facette d’homme à femmes d’Octave !

 

Citations :

« et de comptoir en comptoir, la cliente se trouvait prise, achetait ici l’étoffe, plus loin le fil, ailleurs le manteau, s’habillait, puis tombait dans des rencontres imprévues, cédait au besoin de l’inutile et du joli. »

« On commençait à sortir, le saccage des étoffes jonchait les comptoirs, l’or sonnait dans les caisses ; tandis que la clientèle, dépouillée, violée, s’en allait à moitié défaite, avec la volupté assouvie et la sourde honte d’un désir contenté au fond d’un hôtel louche. »

 

Lien Bibliomania :

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13 responses to “Au Bonheur des dames, d’Emile Zola

  • Snow

    Je savais que ça allait te plaire, et je n’attendais pas de lire aussi vite un avis aussi plaisant ^^.
    Aaaah Le Bonheur des Dames, j’aurais aimé le visité en vrai 😛 (et pour les tissus, rentre dans un magasin qui ne vend que ça et tu seras moins surprise de voir les quantités et les matières ^^)

    ce qui est bien avec les Rougon-Macquart, c’est qu’on retrouve parfois les personnages d’un tome dans un autre (ça permet de mieux les connaitre ^^)

    • Erato

      Moi aussi, j’aurai aimé le visiter *.*
      Je pensais à la base que c’était un magasin qui avait vraiment existé. Je regardais les noms des rues dans le livre, et essayais de voir à quel endroit ça correspondait ^^’
      Merci à toi de me l’avoir fait découvrir !! =)

  • Irrégulière

    C’est le seul Zola que j’aime !!!

  • Shanaa

    Ah dommage que ce soit pour les midinettes mais elle est top ta chronique Era cela me donne envie de relire du Zola, je ne sais pas encore lequel 😀

    • Erato

      Je ne peux pas trop te conseiller là ^^ Je n’ai lu que Germinal et celui-là. Mais j’avais bien aimé Germinal, très intéressant ^^
      Et pis, j’ai mis que c’était pas que pour les midinettes =P

  • Matilda

    J’ai adoré Pot-Bouille alors je ne peux que t’encourager à le lire 🙂 Pour ma part il faut vraiment que je me mettre à ce livre, qui a l’air très très chouette 🙂

  • Lalou

    J’ai aussi lu Germinal au lycée et j’avais vraiment beaucoup aimé (je crois que j’étais la seule dans ma classe ^^). Je pense avoir tenté « L’Assommoir » mais je n’en ai plus aucun souvenir.

    « Le bonheur des dames » me tente vraiment vraiment beaucoup, et je l’ai dans ma PAL 😉 Je ne vais plus résister longtemps (ca va faire bizarre au milieu de mes romans jeunesse ^^)

  • Elizabeth-Bennet

    Hum. Je HAIS Zola (désolée pour les puristes qui passent par là ^^) dont j’ai malheureusement dû lire pas mal de livres durant ma scolarité. Je lance d’ailleurs un message aux profs de français qui passeraient éventuellement par là : par pitié, cessez de torturer vos élèves avec Emile et faites-leur lire du Jane Austen à la place. Ou du Dickens, si vous tenez à rester dans le même genre. Parce que Dickens, lui est intéressant et ironique, pas ennuyeux comme un manche à balai ! 😀

    Celui-ci je l’ai lu et c’est loin d’être le pire, c’est sûr. Il est presque intéressant ^^ Germinal, par contre j’ai failli décéder pendant la lecture. Mais le pire du pire pour moi reste L’Assommoir. Jamais un roman n’a aussi bien porté son nom. C’est tellement épouvantable d’ennui qu’il devrait être interdit par la loi XD.

    • Erato

      « Failli décéder », au moins !! XD
      J’ai lu le résumé des autres tomes de Les Rougon-Macquart, mais mis à part Pot-Bouille, rien ne m’intéresse ^^’
      Ah Dickens, faudrait que je lise un de ses livres quand même !! David Copperfield me tente bien (ou le truc avec Scrooge).
      Fais gaffe, tu vas te faire lyncher XD

  • Anou

    J’aime beaucoup ton article, il me donne envie de lire un autre Zola. Peut-être pas « Au bonheur des dames » je verrai… Je n’ai lu que « Germinal » pour l’instant, et je l’avais trouvé superbe.

    Bonne soirée !

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