La Place, d’Annie Ernaux

Présentation de l’éditeur :
Il n’est jamais entré dans un musée, il ne lisait que Paris-Normandie et se servait toujours de son opinel pour manger. Ouvrier devenu petit commerçant, il espérait que sa fille, grâce aux études, serait mieux que lui.
Cette fille, Annie Ernaux, refuse l’oublie des origines. Elle retrace la vie et la mort de celui qui avait conquis sa petite « place au soleil ». Et dévoile aussi la distance, douloureuse, survenue entre elle, étudiante, et ce père aimé qui lui disait : « Les livres, la musique, c’est bon pour toi. Moi, je n’en ai pas besoin pour vivre ».
Ce récit dépouillé possède une dimension universelle.
Éditeur : Folio
Année d’édition : 2005
Langue : Française
Nombre de pages : 114
Avis (très) personnel :
Annie Ernaux écrit, dans ce livre, la vie de son père. Ce qu’il était, son passé, ce qu’il est devenu. Ce besoin d’écrire s’est produit à la mort de son père. Ce père pour qui la culture n’était que celle de la terre. J’ai retrouvé en ses parents, enfin en son père surtout, les miens. Faire attention à ce que l’on dit, à ce que l’on fait pour que rien ne puisse entacher notre famille.
L’écriture est assez simple et réalisée de manière chronologique. Cela permet une lecture rapide (la police n’étant pas trop petite, cela aide aussi). J’ai bien aimé la partie de l’histoire qui explique pourquoi son père est devenu ainsi, à cause des grands-parents. C’était intéressant.
Je reproche juste le fait que lorsque l’auteur cite ses parents ou d’autres personnes, ce n’est pas indiqué (par guillemet ou en italique). Je me posais parfois quelques questions : « Est-ce elle qui parle ? Ou bien quelqu’un d’autre ? ». C’était parfois gênant.
Je trouve que c’est une jolie façon de faire vivre son père, à travers ce livre. Mais, ce ne sera pas un livre que je garderais longtemps en mémoire.
Citations :
« Non pour indiquer un double sens au lecteur et lui offrir le plaisir d’une complicité, que je refuse sous toutes les formes, nostalgie, pathétique ou dérision. Simplement parce que ces mots et ces phrases disent les limites et la couleur du monde où vécut mon père, où j’ai vécu aussi. »

« Obsession : « Qu’est-ce qu’on va penser de nous ? » (les voisins, les clients, tout le monde). »

« Comment un homme né dans une bourgeoisie à diplômes, constamment « ironique », aurait-il pu se plaire en compagnie de braves gens, dont la gentillesse, reconnue de lui, ne compenserait jamais à ses yeux ce manque essentiel : une conversation spirituelle. »
Lien Bibliomania :
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6 responses to “La Place, d’Annie Ernaux

  • 1aixoise

    J'avais lu ce livre à l'âge de 15 ans, j'étais un peu jeune pour en saisir toute la complexité mais je me souviens qu'il m'avait profondément marquée et que j'avais aimé l'écriture d'Annie Ernaux.

  • Touloulou

    Je l'ai lu il y a quelques années, j'avais bien aimé.Ce livre est très intéressant d'un point de vue sociologique, parce qu'il montre bien à quel point c'est dur de changer de milieu social par rapport à ses parents, elle sent un gouffre avec son père qu'elle n'arrivera en vérité jamais à combler. Ca m'avait touchée.

  • Erato

    C'est vrai que ça m'a touché, surtout en ce moment. Mais je sais pas, il manque un petit quelque chose, pour que je l'apprécie réellement.

  • Maxo0

    Je suis comme toi, j’ai aimé, mais sans plus ! Ça me fait penser qu’il faut que je fasse mon billet dessus… De toute façon, j’ai plein de billets à faire… ^^’

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